Julie Snyder : pourquoi elle a porté plainte contre Gilbert Rozon

Julie Snyder a accordé une excellente entrevue à Christiane Charette, hier, à la radio de Radio-Canada. 

La populaire animatrice, qui a porté plainte pour agression sexuelle contre Gilbert Rozon l'automne dernier, explique les raisons de sa décision : «C'est un ensemble de facteurs qui ont déclenché ça chez-moi. C'est une série d'événements qui se sont passés. Quand j'ai vu Pénélope, je ne savais pas pour Pénélope McQuade, je n'avais aucune idée. Quand je l'ai vu, qu'elle avait reçu cet été Gilbert Rozon et qu'elle l'embrassait comme si de rien n'était, je me suis identifié à elle. Je me suis dit, moi aussi, j'ai fait comme si de rien n'était. Je pense que c'est ce que les victimes vont faire comme mécanisme de défense, à un moment donné, comme si rien n'était. Elles vont essayer de courir, de fuir au propre, mais aussi au figuré. Tu te rends compte que t'as beau courir et courir, tu ne fuis pas quelque chose qui est derrière toi, tu fuis quelque chose qui est en dedans de toi, donc ça va toujours te rattraper.»


Julie Snyder

David-Olivier Gascon



Julie Snyder explique qu'une chronique d'Yves Boisvert dans La Presse lui a également fait réalisé plusieurs choses. 

«Quand j'ai vu Pénélope, ça m'a fait un choc. Après ça, j'ai lu dans les heures qui ont suivi Yves Boisvert. Je dirais que c'est Yves Boisvert qui a été le principal élément déclencheur. Quand il analyse et il décortique dans une très bonne chronique dans La Presse le jugement de 1998 du juge Béliveau où on lui donne l'absolution conditionnelle, à Gilbert Rozon, parce qu'il n'était pas content, il avait quand même plaidé coupable, mais il a l'absolution. (...) Ça a envoyé un message à beaucoup de victimes, ce jugement-là. Si t'es toute seule pis tu t'en vas en cour, bonne chance.»


Julie Snyder

Karine paradis / envedette.ca


Julie Snyder a également expliqué avoir écrit un texte sur sa page Facebook, conseillant aux victimes de dénoncer leurs agresseurs. Elle n'a finalement jamais publié le texte et s'est rendue au poste de police.

«Je ne dirais pas que c'est de la solidarité. Il ne faut pas le faire par solidarité. (...) Je recommande aux victimes de le faire. (...) Je n'en ai pas parlé à personne et je suis allée au poste de police. Je me suis dit : "Si j'en parle, y'a des gens qui vont me dire de pas faire ça."»

Pour écouter l'entrevue de Julie Snyder avec Christiane Charette, c'est par ici


Christiane Charette

ICI Radio-Canada Télé

Ça vient d'arriver!