FrancoFolies de Montréal: Valérie Carpentier nous dit TOUT sur la fameuse Rosie

Elle est provocante, sexy et n'a pas la langue dans sa poche. Elle s'appelle Rosie et a les cheveux rose bonbon... et elle est, bien sûr, un personnage! 

Ces derniers temps, le nom de Valérie Carpentier est sur toutes les lèvres. La cause? Son alter ego Rosie a décidé de prendre le devant de la scène et fait beaucoup parler d'elle puisqu'elle dénonce la superficialité de l'industrie du show business et ses standards de beauté qui oppriment les femmes. Hier soir, Valérie Carpentier était non seulement en spectacle aux FrancoFolies de Montréal pour dévoiler à ses fans les nouvelles chansons de son deuxième album Pour Rosie, mais la talentueuse auteure-compositrice-interprète a aussi fait un détour par la soirée du Grand Prix qui se donnait au Ritz-Carleton, et ce fut le premier tapis rouge de la très sexy Rosie. Parlant de Rosie, c'était aussi la première fois que Valérie la faisait entrer en scène lors de ses spectacles!

Valérie Carpentier backstage aux Francofolies de Montréal

Karine Paradis

J'ai eu la chance de m'entretenir avec Valérie juste après son show aux Francos et elle a pu m'en dire un peu plus sur celle qui se cache derrière la chanteuse...

Ce soir, c'était la première fois que tu interprétais tes chansons en tant que Rosie?

Oui, effectivement! En fait, c'était le spectacle de l'album complet Pour Rosie, dans l'intégralité. C'est sûr qu'habituellement, aux FrancoFolies de Montréal, on essaie de faire un spectacle plus festif, avec des chansons pour faire chanter les gens et tout. Sauf que... bon, je n'avais pas encore eu l'occasion de présenter mon concept et mon univers au complet aux gens. En même temps, on a un peu modifié les chansons pour les rendre plus estivales, plus festives. Donc, c'était une présentation de l'album, mais en version été et en version plus dansante et festive.

Puisque c'est toi qui as écrit l'album, qu'est-ce qui t'a donné l'idée de faire parler un personnage, le personnage de Rosie?

Ben là, ça vient de plein de choses... (rires) C'est sûr que ces temps-ci, elle prend vie beaucoup. C'est qu'il y a un clip qui s'en vient, pour la chanson Rosie, qui tourne beaucoup à la radio, et je voulais que les gens sachent qui elle est avant. En même temps, elle est ben drôle là, à faire vivre... surtout parce qu'elle n'existe PAS! Bien, elle existe, mais elle est imaginaire! Ce qui est cool, c'est que les gens peuvent dire n'importe quoi sur elle et dans le fond, moi, je m'en fous, parce qu'elle n'est pas vraie! Alors c'est pour ça que c'est super... On dirait que ça me rend libre de faire bien des niaiseries et de dire vraiment n'importe quoi! C'est complètement contradictoire avec ce que je suis personnellement, ce personnage-là! À chaque fois que je publie un truc de Rosie, je ris et je me dis «c'est donc ben niaiseux»! C'est peut-être aussi un peu... peut-être pas une revendication, mais il y a un certain message social là-dedans, parce que Rosie est exagérément un produit Instagram, «Kardashian», tout ce qui est superficiel, mais de façon excessive! Elle est donc un peu l'extrême de tout ça, un ramassis de choses qui me dérangent, moi, dans la vie. Je me dis pourtant que ça existe des gens comme elle, et ce personnage-là est un peu là pour... semi-ridiculiser, mais en même temps, pas tant que ça, parce qu'elle est le fun Rosie et elle est attachante! Elle ne ridiculise même pas, parce qu'il y a des gens qui sont vraiment comme ça, qui sont vraies, vraies à leur façon, et qui... dans le fond, personne n'a les réponses. Alors c'est un peu pour ça que j'ai écrit Rosie, c'est pour dire qu'il y a toutes sortes de monde qui existent sur la Terre, et pourquoi on serait obligés de s'en tenir à juste une personne quand il y a tout un éventail de facettes d'une seule personnalité qui peut exister? Selon les occasions, selon les endroits, selon l'humeur... Donc, c'est un peu pour ça que je fais ça, parce que je veux que les gens se permettent également d'être aussi fous que moi!

Valérie Carpentier backstage aux Francofolies de Montréal

Karine Paradis

Cette semaine, tu as même créé un compte Instagram de ton alter ego!

Exactement! Là, elle a son compte Instagram, et ça, c'est encore plus niaiseux, parce qu'on se parle souvent dans les commentaires!

C'est ça que j'ai remarqué! (rires)

Je me fais des petits scénarios, c'est plus à la limite de l'humour et du théâtre que de la chanson là... Mais je te rassure, au quotidien, je ne me parle pas à moi-même tant que ça, à moins que je me dise: «Ohhh! Faudrait pas que j'oublie d'aller à la pharmacie».

Est-ce que Rosie te permet de dévoiler des facettes de toi que tu n’osais pas dévoiler?

La folie, c'est sûr! (rires) De mon côté, je tripe, parce que c'est du gros n'importe quoi et ça fait longtemps que je fais du théâtre, mais quand j'ai gagné La Voix, j'étais comme dans une phase de ma vie où j'étais vraiment insécure et où j'essayais d'être normale, d'être comme tout le monde. Et évidemment, ça ne marchait pas et je n'avais pas de fun du tout. Alors là, récemment, je me suis dit «Ben fuck off!!!», car peu importe qu'est-ce qu'on fait dans la vie, les gens ont toujours quelque chose à dire, à nous reprocher, ils sont contents ou pas. Alors rendu là, je vais faire n'importe quoi dans la vie, ça va revenir au même! Mais au moins, je vais avoir du fun! Tandis que si je m’empêche d’être comme je veux être, je n’ai pas de plaisir, car je suis tout le temps en train d'avoir peur de ce que les gens vont penser... C'est ça la différence!

Ce soir, en fait, tu as poussé ton procédé créatif encore plus loin en foulant un tapis rouge en Rosie!

Ouais! (rires) Grosse journée! Rosie est allée faire un tour sur le tapis rouge (qui était rose) du Ritz-Carlton. Il était vraiment rose et je trouvais ça très drôle. Je me suis trouvé une Rolls Royce pour me faire un lift, et c'était assez comique ça, parce qu'une fois la perruque sur la tête... moi, j'suis pu là, là! C'est Rosie qui prend toute la place!

Tu n'as pas oublié que tu étais en Rosie? 

Non, non! Je m'en souvenais, parce qu'en arrivant, le monde se demandait «c'est quoi c't'affaire-là»! (rires) Mais moi, ça me fait tellement rire, je jouais complètement un rôle. Une fois déguisée, je peux faire des «tatas» à tout le monde et je m'en fous! Il y a ça aussi... ça amène un genre de liberté... comme à l'Halloween! À l'Halloween, on se déguise, et là sur le dancefloor, on est pas mal plus lousses mettons! Mais moi, c'est ça qui se passe avec Rosie aussi...

Ton passage aux Échangistes a beaucoup fait jaser et je trouvais ça intéressant ce que tu disais avec la photo que tu as publié: «Vous voulez me juger sur ce que je porte, eh bien je porte ma musique!».

Cette fois-là, j'étais vraiment tannée, parce que... ça n'avait même pas rapport avec si c'était beau ou non, ce que je portais, et si c'était chic ou non. C'était vraiment parce que, oui, j'ai des seins... comme toutes les femmes! Mais un moment donné, on peut-tu mettre un décolleté? Ce n'était rien là! Ce n'était pas dérangeant ou peu importe. Alors, je trouve ça exagéré de juger tout le monde comme ça, et tout le monde vit ça, qu'on soit connu ou non. Alors je me suis dit qu'il fallait que je dise quelque chose. Je sais que c'était beau et que c'était correct la façon dont j'étais habillée à la finale de La Voix, mais c'est que je ne suis pas la seule qui reçoit des commentaires comme ça. J'en parle avec d'autres gens, et j'ai vu tout ce qui s'est passé avec Maripier Morin, Safia Nolin, qui s'est fait ramasser, et en tout cas, tout ça... et j'étais comme «OK. Ça n'a pas de bon sens!». Oui, on peut ignorer les commentaires, mais c'est parce qu'un moment donné, moi dans la vie, si je fais des tunes et si j'ai décidé que je voulais être connue, ce n'est pas parce que je veux ignorer les commentaires, c'est parce que je vois le monde agir et j'ai envie de parler et de raconter des choses. Alors il fallait que je parle là. C'est niaiseux, j'ai des gens qui me suivent et tout. J'ai le droit de dire ce qui est important. Il faut même que je le fasse. Pour moi, c'est un devoir. Donc, il y a des gens qui me disent «Écoute-les pas».... Je me dis: «Ouais, mais s'parce que, madame, ne vous inquiétez pas, je n'le prends pas personnel, mais en même temps, moi je suis là pour parler à la place des autres aussi là»... C'est important. Je suis vraiment contente. Justement, j'ai fait beaucoup d'entrevues pour ça et j'étais contente parce que je sentais l'appui, le respect, et je trouvais aussi que je n'étais pas la seule qui était tannée.

Qu'est-ce qui s'en vient pour toi?

Quelques spectacles! Surtout à l'automne. En fait, toutes les dates sont sur mon site Web! Ce dimanche, il y a le spectacle Inondés d'amour, à Trois-Rivières, à l'Amphithéâtre Cogeco: c'est pour ramasser des fonds pour les sinistrés des inondations. Le 30 juin, à Trois-Rivières, je serai au Festivoix! Ça va être à peu près le même spectacle que ce soir, mais peut-être un peu moins long. Il y a aussi d'autres dates, mais c'est surtout en salle, à partir de l'automne!

Psssst! Une petite photo souvenir de Valérie et ses amis après son show aux Francos (il y a même Thomas Olivier qu'on avait vu à La Voix, Rich Ly de Star Académie et le chanteur Marc-André Rouillard).

Karine Paradis

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