Je veux habiter au «4488 de l'Amour» avec Les soeurs Boulay

Chaque fois que je rencontre Les soeurs Boulay, je répète la même chose aux gens qui me posent la question Est-ce qu'elles sont fines? Ma réponse: je les aime tellement que j'ai parfois l'idée de les embaucher pour passer la soirée avec moi. 

Hier soir, j'ai été chanceuse parce que j'ai passé un petit 15 minutes en leur compagnie, question de jaser de la sortie de leur deuxième disque, le beau 4488 de l'Amour. «Nous avons bien gérer nos émotions toute la semaine...» m’a révélé Mélanie quelques minutes avant le lancement. «Mais ce matin, j'allais chercher un café et la pression était tellement dans le tapis que j'avais l'impression que j'allais physiquement craquer de l'intérieur.»

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Crédit photo: Valérie Roberts

«Nous avons travaillé vraiment fort, nous sommes productrices du disque et nous sommes control freak donc une fois que l’œuvre est lancée, c'est un soulagement,» explique Stéphanie Boulay avant que sa soeur termine l'idée. «On arrête enfin de se poser des questions. Les décisions sont prises et je suis 100% fière de ce disque, peut-être même plus que le premier,» a-t-elle dit en parlant de l’album Le poids des confettis, qui leur a permis d'obtenir un beau succès et une tournée de trois ans.  

«C'est plus raffiné, plus travaillé... c'est plus mature, même si je n'aime pas ça dire ça. C'est un portrait des femmes que nous sommes maintenant,» explique Mélanie. Un deuxième disque, tous les artistes le disent, c'est la galère. Il y a une certaine pression qui vient avec un premier succès et tu n'as plus tout le début de ta vie derrière toi en guise d’inspiration. En deux ou trois ans, tu dois trouver l'inspiration à nouveau. «C'était un processus amour-haine parce qu’on ne savait pas si nous avions toujours une flamme qui brûlait pour écrire de nouvelles chansons. Mais après avoir écrit quelques pièces, on a réalisé qu'on était encore des auteures-compositrices, qu'on avait encore quelque chose à dire,» avoue Stéphanie.

«Chaque fois que je finis une chanson, j'ai l'impression qu'elle est arrivée par miracle et qu'il n'y en aura plus d'autres,» dit Mélanie avec le sourire. «Quand on écrit, c'est vraiment intense. On est transpercé d'une émotion, c'est comme une transe... Souvent les yeux me coulent, je suis obsédée par ce que j'écris et je ne peux pas en sortir. Je suis habitée par ce que je veux dire,» explique Stéphanie. C'est peut-être (sûrement) pour cette raison que leurs chansons résonnent tellement en nous... c'est vivant. 

«Quand on écrit on se pose beaucoup de questions... On se demande si on assume ce que l'on dit, est-ce que l'on assume d'aller aussi loin dans la vérité,» explique Stéphanie. «Je sais même qu'il y a des gens qui sont mal à l'aise parce que nous allons loin dans l'intimité, mais on écrit et après on réfléchit.» Donc, dans ce ménage qui vient après l'état de transe de l'écriture, est-ce que c'est déjà arrivé qu'un passage soit trop cru, trop vrai? «Il y a des mots que nous avons éliminés. Un mot peut représenter un trop grand défoulement et nous n'assumons pas ce qu'il sera à long terme...» avoue Mélanie. «Parce qu'il faut accepter de le chanter durant la tournée mais aussi toute la vie, s’il s’agit d’une chanson qui accroche les gens. Michel Rivard chante encore Le blues de la métropole... S'il n'était pas content de son texte, il doit être vraiment tanné.»

Dans le titre, je dis que moi aussi, je veux habiter au 4488 de l'Amour. Parce que ce chiffre, c'est l'adresse de leur appartement, qu'elles partagent avec deux autres musiciens. Mais est-ce vraiment la maison ou est-ce que le disque, qui porte maintenant ce chiffre, est aussi une forme de maison? Qu’est-ce qu’un domicile quand on passe énormément de temps sur la route ? «La maison, tu la trouves aussi dans les gens avec qui tu partages ta vie. C’est un état, ce sont nos amis, nos musiciens, les gens de notre maison de disques... Nous sommes plus heureuses depuis que nous avons compris que notre maison, ce sont les gens plus que le numéro de l'appartement,» explique Mélanie. 

Enfin. Qu’elles aient trouvé leur maison me fait plaisir mais, ce qui me rend encore plus heureuse, c’est l’idée d’avoir ce nouveau disque des sœurs Boulay entre les mains. Je suis contente de retrouver l’harmonie de leurs voix, leurs textes si accrocheurs et authentiques. Et je suis enchantée de les entendre s’assumer plus que jamais. «On avait déjà cet esprit d’acceptation de soi dans le premier disque. Mais là, nous savons que les gens nous ont accepté comme nous sommes, ouvertes et vulnérables, donc on n’a vraiment pas le goût de retourner en arrière… on veut pousser plus loin,» avoue Mélanie, tout sourire.

4488 de l’Amour est disponible en magasin et en téléchargement.

http://lessoeursboulay.com/

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