Yama: «Garou, c’est le plus beau cadeau qui me soit arrivé!»

Yama.

Un mot, une voix, un frisson qui nous parcourt le corps lorsqu'elle ouvre la bouche pour chanter! Comme Yama le dit si bien, elle «vit à travers sa voix». Pas étonnant alors qu'elle nous fasse passer par toute la gamme des émotions! Au lendemain de sa victoire de La Voix, j'ai eu le bonheur de m'entretenir avec LA nouvelle voix du Québec, tout comme avec son coach si charmant et attentionné, Garou.

La Yamamania ne fait que commencer! C'est moi qui vous le dis.
 

Yama et Garou

Karine Paradis


Yama, 24h après ta victoire, comme te sens-tu?

Vraiment contente, même si je me demande sans cesse si tout ça est vrai. J’ai du mal à y croire! Est-ce que j’ai rêvé?

Quand tu as gagné, tu as promis de ne pas pleurer. As-tu versé des larmes en rentrant chez toi?

Je m’étais promis de ne pas pleurer et c’est ce que j’ai fait! Les garçons m’ont promis des bisous si je ne pleurais pas, Samuel m’a même donné un petit ange et il m’a dit qu’il me porterait bonheur. Oui, j’ai beaucoup pleuré en arrivant chez moi (rires), je n’en pouvais plus. J’espère être à la hauteur des attentes de tout le monde. C’est mon vœu le plus sincère! Je n’ai pas dormi depuis deux jours à cause de la finale et des entrevues aujourd'hui, alors j'ai hâte de me reposer un peu.

 

 

Le bonheur, il est là. Yama! #lavoixtva

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Tu n’arrêtes pas de répéter que tu n’arrives pas à croire que «les gens aient investi leur temps à t’écouter depuis le début». Pourtant, dès que tu ouvres la bouche, tout le monde arrête de respirer et est en pâmoison devant toi!

Malgré tout ce que j’ai entendu, je n’arrive pas à croire encore que je fais du bien aux gens avec ma voix: ils sont contents et ils pleurent lorsqu’ils m’écoutent chanter… c’est fou, je n’arrive pas à bien saisir tout ça… Ça m’émeut. Je les remercie, tout un chacun. Sans eux, sans leur vote, sans leur appui et leur amour tout au long de l’aventure, je ne serais pas là.

Pendant la finale, tu as vécu un beau moment lorsqu’Anouk t’a montré les encouragements de ta maman, en Haïti!

Ô ce que c’était beau! C’était un cadeau tombé du ciel. Ce qui me fascine, ce n’est pas tant de lui avoir parlé, c’est d’avoir vu ma mère parler à la caméra, je me suis dit: «Wow! Elle a vraiment grandi elle aussi!» Elle me demande de grandir, mais je pense qu’elle en a fait autant. Elle m’a dit: «Tu seras bientôt une madame, il faut que tu prennes en charge tes responsabilités, il faut que tu sois plus forte. Je sais que tu es forte, mais tu te bats vraiment et j’en suis fière. Il te manque seulement un petit quelque chose!» J’étais vraiment contente de la voir aussi belle, aussi heureuse et j’étais si fière. Je veux qu’elle sache qu’elle est ma joie, mon coeur, mon amour. Je lui dois vraiment tout. Je fais des efforts pour être à la hauteur de tout cet amour qu’elle a déployé en ma faveur. Je suis vraiment chanceuse d’avoir cette madame comme maman! Elle est géniale.
 

Yama et Garou

Karine Paradis


Quel est ton plus beau souvenir de l’aventure La Voix?

Quand Garou s’est retourné pour moi! C’est indescriptible. Garou, c’était mon idole. C’est mon idole! J’ai encore du mal à le regarder (rires)! Il me gêne.

Qu’est-ce que La Voix t’a appris sur toi?

Que je peux vraiment écouter, entendre, comprendre et mettre en application les conseils qu’on me prodigue. La Voix m’a vraiment appris que je suis capable de le faire. J’ai beaucoup évolué et surtout, j’ai appris à regarder les gens dans les yeux, vraiment. Comme mon coach Garou me dit souvent: «Yama, tu parles à des millions de personnes, elles te regardent et tu chantes pour eux. Il faut que tu t’exprimes, que tu leur parles directement dans les yeux, parce que c’est ça le respect!» Je me suis donc pratiquée à la maison. C'était très dur! Dans mon pays, c’était tout le contraire que je devais faire. Là d’où je viens, pour être respectée, il ne faut pas fixer les gens dans les yeux. J’ai été chanceuse d’avoir Garou comme coach, car il m’a comprise et respectée!
 

Yama et Garou

Karine Paradis


Comment décris-tu ta rencontre avec lui?

Que les rêves peuvent devenir réalité. Vraiment! Qu’il suffit d’y croire, peu importe où l’on est, qui l’on est. Il faut laisser la place au temps, parce que c’est uniquement lui qui a le contrôle. Peu importe l'endroit où l'on vit, là où l'on est, aussitôt qu’il fait noir, demain sera un nouveau jour. On verra un nouveau soleil! De prendre tout ce qui est bon, mauvais, tout ce qui existe, et d’avancer. Il n’y a pas de regrets, il n’y a que des exercices. Tu les résous par différents moyens, mais tu les résous tout de même! Garou, c’est le plus beau cadeau qui me soit arrivé! Tout comme La Voix.

Quel est le meilleur conseil que ton coach t’ait donné?

Il y en a tellement! De pouvoir mieux m’exprimer avec le public! Il est juste incroyable. En plus, je ne savais pas qu’il était drôle, il fait beaucoup de blagues… tu n’en as même pas idée (rires)!
 

Yama et Garou

Karine Paradis


Comment décris-tu ta voix?

C’est un outil qui me sert à communiquer plus facilement. Elle m’apporte une certaine liberté que je n’ai pas habituellement. Elle me permet de mieux m’exprimer, d’oser, de dire un tas de choses que je n’oserais pas dire autrement. Les gens pourront vraiment apprendre à mieux me connaître en m’écoutant chanter. Je vis à travers ma voix!

Ta chanson Un peu de nous est parfaite pour toi, elle nous démontre bien ta fragilité, mais aussi ta force!

Ce fut un honneur pour moi de l’interpréter. Je trouve que Garou a été un génie de penser à ces lignes qui me ressemblent vraiment. Il a réussi à me cerner en peu de temps, il a réussi à me comprendre… et finalement, il a réussi à me connaître. Il sait vraiment miser sur moi! Sa chanson me parle et c’est ça le plus important. Comme un miroir, je me vois à travers la chanson. Je le remercie énormément.

Qu’est-ce que tu aimerais pour ton premier album?

Seul le temps me le dira! Je suis patiente et le temps a déjà fait ses preuves… et je pense qu’il continuera!
 

Yama, une lueur d'espoir dans le parcours de Garou

Garou

Karine Paradis


Garou, tu décris Yama comme un «cadeau de la vie», comment définis-tu ta rencontre avec elle?

C’est probablement l’une de ces rencontres «karmatiques», si je peux dire! Parce que c’est sûr qu’elle, elle a l’impression que l’on s’est rencontrés avant (parce qu’elle écoutait mes albums et aimait beaucoup ma musique), mais en même temps, elle ne pensait pas qu’on allait se rencontrer en vrai! Dès le début, dès les premières notes que j’ai entendues d’elle, j’ai été chaviré complètement. Elle était peut-être fan de moi à la base, mais maintenant c’est moi qui suis devenu son plus grand fan! Je ne peux pas vraiment la coacher. C’est quelqu’un que tu peux encadrer, mais pas diriger musicalement, parce qu’elle est complètement instinctive. Tout ça, je l’ai compris très vite!

Ça ne t’a pas fait peur parfois?

Chaque fois, j’essaie de comprendre les besoins de mes protégés, les armes dont ils ont besoin pour avancer et donner le meilleur d’eux. Avec Yama, j’ai compris tout de suite que l’on ne pouvait pas aller dans les détails et les conseils concrets. J’essayais parfois de mettre un ou deux détails par chanson, mais souvent, c’est ce qui la mélangeait. Elle voulait tellement que je sois content qu’elle voulait les faire, mais elle en perdait parfois les pédales, parce que elle a tellement l’habitude d’y aller avec son instinct. J’y suis donc plus allé dans le senti avec elle et dans l’encadrement, s’assurer que la musique et les arrangements soient corrects. J'avais plus une job de manager que de coach (rires)! 
 

Yama et Garou

Karine Paradis


Ce n’est pas ta première fois dans une expérience télévisuelle comme La Voix. Est-ce que tu as déjà vécu un engouement comme celui de Yama?

Non! C’est vraiment un phénomène, un mouvement de bonté, de sincérité, d’humilité… Évidemment, elle a un talent incroyable. Il y a une force de frappe dans sa façon d’interpréter et des fréquences d’une richesse hallucinante que même le micro a du mal à les prendre. L’autre jour, on répétait, et justement le micro avait un peu de difficulté... j'étais sûr qu'il allait plier (rires)! Sa puissance et la profondeur de sa voix sont débiles… Et il y a autre chose d’indescriptible que je n’arrive pas encore à expliquer, qui provoque une décharge hallucinante en nous! 

Qu’est-ce que Yama t’a apporté en tant qu’artiste?

De l’espoir! C’est pour ça que dans la chanson Un peu de nous ça dit: «c’est un rendez-vous avec l’espoir», parce que de se dire que ça existe encore des gens si purs, si vrais, si authentiques dans leur démarche, surtout quand on est dans un métier où il y a beaucoup de bullshit, beaucoup de gens qui calculent tout… Et ce n’est pas nécessairement par mauvaise intention, il y a des gens qui vont calculer tout ce qu’ils font pour bien faire et par souci d’offrir quelque chose de bien, mais de savoir que de l’instinct pur et dur comme ça, ça existe encore, moi… ça me redonne beaucoup d’espoir! Je me suis battu pour ça toute ma carrière, d’essayer d’être authentique et d’être vrai, alors ça vaut pour beaucoup pour moi.
 

Karine Paradis


Yama t’a un peu ramené à l’essentiel dans le fond!

À l’essentiel, comme dirait Ginette Reno (rires).

Yama et toi, vous avez un peu le même genre de voix, qui écorche, qui vient faire mal en dedans (dans le bon sens) et qui touche aux bons pitons… Est-ce qu’on risque de vous voir collaborer ou chanter sur scène ensemble?

Je l’ai invitée et elle a rapidement dit oui… et j’étais très content! C’est sûr qu’elle est invitée sur mes prochains shows. Je fais une tournée de plusieurs dates au Capitole à la fin de l’année. Alors j’espère la retrouver, parce que c’était notre grande tristesse et déception de La Voix cette saison-ci, de ne pas avoir chanté ensemble. J’aurais vraiment voulu chanter avec elle pour la finale, c’était l’un de mes souhaits les plus sincères. On s’est vite réconfortés en se disant qu’on allait sûrement se retrouver rapidement dans les prochains mois. Aussi, j’ai eu le bonheur de l’inviter à répéter chez moi avant la finale, puisque je voulais quelque chose d’intime, loin des caméras, afin de pratiquer au piano. Finalement, on a bifurqué très vite et on s’est fait un petit medley de blues (rires)! On s’est gâtés un petit peu!

Yama et Garou

Karine Paradis


Vas-tu travailler avec elle sur son premier album?

J’espère! J’ai envie de dire qu'a priori ce n’est plus de mon ressort, mais je vais tout faire pour l’aider dans ce qu’elle va me demander. Elle a un contrat de disque qui vient comme prix en remportant La Voix mais, je ne sais pas… j’essaie de trouver ma place là-dedans et je me demande comment je pourrais l’aider, ce que j’ai le droit de faire. Surtout pour elle, pour qu’elle soit bien!

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi? 

J’anime pour la troisième année consécutive la Fête de la musique en France, le 21 juin prochain, et j’ai quelques petits shows au programme: en Suisse au début de juin, après aussi une tournée dans les pays de l’Est, on commence par Dubaï et on finit par l’Estonie, en passant par la Russie, la Pologne, l’Ukraine… et après on revient au Capitole en fin d’année où on se fait un gros party du temps des Fêtes! Je veux vraiment ramener l’esprit des bars parce qu’il y a plein de gens au Québec qui me disent «dans le temps, dans le temps, dans le temps»… et là, ça va être comme dans le temps, comme dans le temps des Fêtes! Parce que mon dernier album, c’est un album de Noël blues… alors il va y avoir ça aussi. Après ça, en 2019, il y a une reconduction des Forever Gentlemen, alors c’est sûr qu’on va remettre nos costumes (au Théâtre St-Denis le 4 mai prochain, entre autres)!
 

Garou

Karine Paradis


Tu as une année chargée!

Oui! Je travaille et je m'amuse... On parlait de ça justement, j’ai encore de la difficulté à digérer ma carrière. Et je ne pousse pas non plus, je ne suis pas très ambitieux à ce niveau-là, mais j’ai plein de passions alors je m’amuse à faire plein d’affaires différentes.

Comment ça, tu éprouves de la difficulté à digérer ta carrière?

Ben… ça a toujours été l'un de mes grands défauts dans ma carrière d’avoir trop de passions et d’avoir besoin de ne pas être le centre d’intérêt tout le temps. Donc, j’adore me passionner et travailler fort sur des projets où ce n’est pas moi le centre d’intérêt. Par exemple, un restaurant, ou un projet artistique sur autre chose, ou une compagnie de bois de grange (rires)! Un tas de patentes différentes! Que ce soit aller dans le bois m’amuser ou autre… J’aime l’équilibre! L’équilibre dans la diversité! C’est mon nouveau mantra.
 

Garou

Karine Paradis


Si on te demande de revenir à La Voix l’année prochaine, tu dis oui?

Disons que je suis très content d’avoir fait cette saison-ci (rires)!

D’avoir gagné, ça peut te donner un petit boost pour revenir… Surtout avec une belle rencontre comme Yama!

Je ne sais pas, je ne sais pas ce que je ferais! Je vais laisser retomber la poussière. L’important présentement, c’est que le spotlight soit sur mes protégés. Yama, oui, mais il y en a plusieurs d’autres aussi qui méritent de faire de belles carrières dans mon équipe et je veux leur donner un peu de lumière!

Il va falloir que tu fasses comme Éric Lapointe et que tu en invites une couple à venir vivre chez toi en colocation!

C’est ça, c’est ça (rires)! On agrandit la maison!!!
 

Garou

Karine Paradis


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