Patrick Groulx: son cri du coeur sur l'importance du français en Ontario

Patrick Groulx a pris position face à une annonce politique sur la langue française en Ontario, aujourd'hui sur Facebook!

L'humoriste est franco-ontarien et considère que les coupures du gouvernement du premier ministre Doug Ford touchant les francophones de la province sont inacceptable.

Dans un long texte partagé avec sa centaine de milliers d'abonnés, Patrick Groulx parle de ses origines et de l'importance de la langue française en Ontario. La star invite aussi tous ses fans à supporter les franco-ontariens dans la défense de leurs droits en signant une pétition.

Voici le message en question, suivi de sa publication originale et du lien de la pétition : 

« Salut tout le monde,

Je ne parle pas souvent de ma vie personnelle sur les réseaux sociaux, mais avec l’annonce du gouvernement de Doug Ford d’abandonner le projet de l’Université de l’Ontario français à Toronto et d’abolir aussi le Commissariat aux services en français de l’Ontario (le commissaire veille à ce que les droits des citoyens de l’Ontario et les obligations du gouvernement et des organismes gouvernementaux soient respectés selon la Loi sur les services en français), j’ai envie ce matin de vous parler de ma famille et de mes origines.

Toute ma famille est Franco-Ontarienne. Les Groulx viennent de Plantagenet dans l’Est ontarien et ma mère de Cornwall. Mon grand-père de St-Isidore et ma grand-mère de Crysler.

J’ai de la famille à Saint-Albert, à Alfred, Lefaivre, Orléans, Cyrville, Vanier. J’ai des amis à Embrun, à Limoge à Rockland à Sarsfield. Tous et toutes de fiers francophones qui se battent tous les jours depuis 400 ans pour garder leur langue vivante et pour transmettre leur culture et leur héritage à leurs enfants.

On me demande souvent si je suis Québécois ou franco-ontarien? Sincèrement, je ne sais pas moi-même quoi répondre à cette question, car les deux prennent beaucoup de place dans ma vie et dans mon cœur. J’ai les deux drapeaux à la maison.

Je suis né en 1974 à l’hôpital Montfort à Ottawa. Le seul hôpital francophone de l'Ontario. D’ailleurs les Franco-ontariens se sont battu aux côtés de Gisèle Lalonde en 1997 lorsque le gouvernement ontarien de Mike Harris avait recommandé la fermeture de l’hôpital Montfort.

La population francophone s’est immédiatement mobilisée et a créé le mouvement SOS Montfort mené par Gisèle Lalonde. 10 000 manifestants se sont rassemblés au centre municipal d’Ottawa pour manifester. En 2001, l’hôpital gagne en cour d’appel et restera ouvert grâce au long combat d’une communauté fière qui a du cœur au ventre.

Tout de suite après ma naissance à l’hôpital Montfort, mes parents m’ont transporté dans ma première demeure à Gatineau au Québec. Je suis resté à Gatineau jusqu’à 5 ans et ensuite Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides jusqu'à 10 ans.

C’est à l’âge de 10 ans que j’ai déménagé dans la petite communauté francophone de Cyrville à Gloucester en Ontario. J’y suis resté jusqu’à l’âge de 20 ans. Je suis devenu Franco-Ontarien.

Lorsque je suis arrivé en Ontario, je ne parlais pas un mot d’anglais. Lorsque mon professeur d’anglais m’a demandé à ma première journée d’école : « what’s your name? » je lui ai répondu : « Sainte-Agathe-des-Monts. »

C’étais horrible pour moi de déménager dans un milieu anglophone, mais rapidement, je me suis rendu compte qu’il y avait des enfants autour de moi qui parlaient ma langue, qui allait dans des écoles francophones et que je pouvais parler en français au hockey, au parc, au camp de jour.

J’ai appris à l’époque, que nous étions plus de 550 000 francophones en Ontario et qu’il y avait plus de 400 écoles de langue française.

Bien sûr, j’ai aussi appris que nous étions une minorité et qu’il fallait parfois être courageux pour parler français dans les lieux publics. Plus tard, j’apprendrai que des gens ne nous aimaient pas parce qu’on parlait français et qu’on pouvait aussi recevoir des tapes sur la gueule à force de défendre cette langue.

Au secondaire, l’existence de cette langue en Ontario m’a permis de faire du théâtre en français, de la radio étudiante et de l’impro dans des tournois partout en Ontario.

Cette langue si bien protégée par nos ancêtres m’a aussi permis de découvrir les artistes du Québec.
C’est en Ontario que j’ai commencé à faire de l’humour avec mon groupe « Les 4-Alogues ». Nous avons fait plus d’une centaine de spectacles en français.

C’est grâce au peuple franco-ontarien que j’ai pu devenir l’artiste que je suis aujourd’hui. C’est avec eux que j’ai découvert le vrai sens du mot fierté. Ils m’ont donné le courage de crier haut et fort que j’étais francophone dans une mer d’anglophone.

Alors, est-ce que je suis Québécois ou Franco-Ontarien? Je vous dirais que j’ai les deux cultures dans le sang. Un mélange de bleu, de blanc et de vert. Mais je dirais qu’avant tout, je suis un francophone d’Amérique qui va défendre sa culture au Québec, en Ontario et partout où on a besoin de mon appui.

Vous verrez dans les prochaines semaines les Franco-Ontariens se lever, se rassembler, manifester et signer des pétitions pour se faire respecter. Encore une fois, ils seront obligés de défendre leur langue et leur culture comme d’autres l’ont fait depuis des centaines d’années.

Je vous demande de les appuyer où que vous soyez et de leur démontrer que partout au Québec, en Saskatchewan, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick en Nouvelle-Écosse, ils ont une famille élargie qui les soutient.

Merci de m’avoir lu chers amis.

Comment pouvons-nous aider? En démontrant notre appui sur les réseaux sociaux en mettant de la pression sur le gouvernement de Doug Ford.

Voici le lien d’une pétition qui circule...

Patrick »

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