Alexandre Taillefer se confie sur sa dépression à la suite du suicide de son fils

Sortez les Kleenex, vous en aurez besoin…

«Bye»: trois petites lettres qui tourneront en boucle à jamais dans l’esprit d’un père qui portera le vide pour l’éternité. Le 6 décembre 2015, Thomas, le fils de 14 ans d’Alexandre Taillefer, s’enlevait la vie dans le sous-sol de la maison familiale. Il avait prémédité la chose, prenant en photo la balle qui mettrait fin à ses jours et l'envoyant à deux inconnus sur la plateforme Twitch comme ultime cri du coeur, avec un message à l'aide qui n'aura jamais été entendu.

Deux ans après les événements tragiques qui ont bouleversé à jamais la famille de l’homme d’affaires, Alexandre cherche toujours à comprendre ce qui a poussé son fiston à poser ce geste en ne laissant qu’un seul mot en guise d’adieu, accroché sur un Post-it sur son ordinateur... «Bye»! C'est d'une tristesse...

L'espoir de changer les choses
 

Courtoisie Radio-Canada


Thomas souffrait de cyberdépendance. Il trouvait refuge aux difficultés de la vie et à l'intimidation qu'il vivait à l'école en jouant à des jeux en ligne et il y passait tout son temps libre... et plus encore. La vie réelle était devenue secondaire pour lui.

Malgré ses épisodes de crises psychotiques et la multitude de spécialistes qu’il a rencontrés, aucun n’a été capable de détecter les enjeux mentaux du petit. Aucun n’a pu prévenir son acte irréversible.

«C’est toute une génération aujourd’hui qui fait face à des enjeux auxquels on n’avait même pas pensé. La question de cyberdépendance de nos jours doit être traitée de la même façon que l’on traite une dépendance au jeu ou à la drogue. À partir du moment ou un enfant ou un adulte souffre d’une dépendance, il a une chance sur 10 de faire une tentative de suicide… C’est ce qui m’a le plus surpris dans tout ça! 1 chance sur 10, c’est un fléau incroyable. (…) Quand j’ai appris ça pour le 1 chance sur 10, alors que ma conjointe et moi sommes passés à travers 7 ou 8 rencontres avec des intervenants et qu'il n’y a pas un tabarn*k... scusez-moi... qui m’a dit qu’il y avait un risque de suicide, je suis tombé en bas de ma chaise», confie Alexandre en entrevue, furieux et déconcerté.

La quête d'un père... dépressif
 

Karine Paradis


C'est pourquoi Alexandre a accepté de participer à ce documentaire émouvant et à se livrer à coeur ouvert sur l'une des pires expériences de sa vie.

«L'enjeu aujourd'hui, c'est de comprendre que ce qu'il se passe dans notre tête, c'est aussi important que ce qui se passe physiquement. On se vante aujourd'hui d'aller au gym, de bien manger, mais est-ce qu'on peut adresser les questions de santé mentale de la même façon? Moi je le dis, je suis dépressif. Ça m'arrive une fois par mois, je ne peux pas rentrer au bureau car je ne suis pas bien. Je m'en vais dans mon bain, je me coule un bain, et j'attends que ça passe. Est-ce qu'on peut en parler publiquement et arrêter de stratiser les enjeux de santé mentale et trouver que c'est tout aussi normal que quelqu'un qui a une grippe? Si quelqu'un a une grippe, personne ne va freaker! Mais qui parle qui a une dépression ou qui est anxieux? Personne! On ne parle pas de ça!», confie Alexandre.

Le mardi 5 décembre (la veille du décès de Thomas, deux ans plus tard), à 21 h, ICI Radio-Canada Télé présentera BYE, un documentaire à la fois bouleversant et rempli d’espoir, dans lequel Alexandre Taillefer tente de donner un sens au suicide de son fils. Dans sa quête de solutions pour la prévention en ligne du suicide, Alexandre rencontre des adolescents, des parents et différents experts afin de mieux cerner l’ampleur du phénomène de la cyberdépendance et les enjeux actuels en santé mentale. Alexandre Taillefer ne veut pas seulement comprendre: il veut que les choses changent.
 

Jean-Philippe Dion

Karine Paradis


«Dans ma famille, il y a beaucoup de problématiques en santé mentale, alors j’avais envie de faire quelque chose pour faire bouger les choses. Alexandre est vraiment l’un des hommes les plus impressionnants que j’ai rencontrés dans ma vie. Cet homme-là est un être cartésien et rationnel, mais il a aussi une sensibilité incroyable. Ce n’est pas doté à tout le monde d’avoir ces deux côtés-là et justement, ça a donné le documentaire que vous pourrez voir», confie le producteur Jean-Philippe Dion, qui a eu l’idée du documentaire chez Productions Déferlantes.

Le 5 décembre, ce sont toutes les plateformes de Radio-Canada qui uniront leurs forces pour parler de la cyberdépendance et de la santé mentale de nos jeunes!  

À 21 h, le documentaire BYE sera présenté:

  • sur ICI Radio-Canada Télé;
  • en direct sur la page Facebook ICI Radio-Canada Télé;
  • en simultanée sur ICI Radio-Canada Première.

​Tout de suite après sa diffusion, le documentaire sera disponible en rattrapage sur ICI TOU.TV. Le lendemain, le mercredi 6 décembre, à 9 h, à Médium Large, présentée sur ICI Radio-Canada Première, un segment spécial de l’émission sera dédié au documentaire, avec Alexandre Taillefer comme invité.
 

Ça vient d'arriver!

Recettes

  • Crème de poireaux et pommes de terre

    Temps: 30 min. Portions: 4
    poireaux, le bout et le vert foncé enlevé, pommes de terre moyennes, gousses d'ail, beurre (ou beurre végane), bouillon de poulet ou de légumes, crème 15 % (ou crème de soya), farine, feuille de laurier, fines herbes séchées, Sel, poivre, Ciboulette émincée pour garnir
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