ENTREVUE: Marc Fournier se confie sur son rôle dans District 31

Cette saison dans District 31, on suit le double jeu d'Yves Jacob, qui est infiltré dans le Service des affaires indépendantes.

Ce personnage est incarné par le talentueux comédien Marc Fournier

On s'est entrenu avec lui afin d'en savoir plus sur le futur d'Yves Jacob, connaître les défis qu'apportent ce type de rôle pour un acteur et découvrir comment ça se passe dans les coulisses du tournage de District 31

Page Facebook de District 31/Radio-Canada

Marc Fournier, ton personnage dans District 31, Yves Jacob, est infiltré dans le service des enquêtes indépendantes au profit du SPGM et prend plus de place dans les nouveaux épisodes... Comment vois-tu l'avenir de ton personnage cette saison?

« Ah l'avenir... l'avenir! Dans District 31, on ne sait pas beaucoup de quoi il est fait! On connaît beaucoup le passé de nos personnages, qu'on a travaillé, qu'on a joué et tout, mais l'avenir... On sait ce qui se passe environ 4 semaines avant que les téléspectateurs en prennent connaissance en suivant la série! Je ne sais pas exactement ce qui va arriver avec Yves Jacob, sincèrement! Ce que je me dis, par contre, c'est que les choix qu'il a faits en acceptant le mandat avec Carl St-Denis, vont complètement changer sa vie. C'est-à-dire, qu'il y a plusieurs choses qui ont changé sa vie, à Yves Jacob, de ses problèmes d'alcool qui ont fait qu'il est s'est retrouvé aux affaires internes, un poste qu'il détestait. Ça fait plusieurs années qu'il demande d'être transféré. Là, en acceptant ce mandat-là, Yves Jacob décide qu'il joue le tout pour le tout, d'une certaine façon, en décidant de jouer double jeu, il sait qu'il n'aura plus d'amis nulle part. D'un côté, la journée que ça se sait au SEI, c'est certain qu'il est persona non grata au SEI! Au niveau du 31, pour l'instant, il a l'air de travailler un peu plus en leur faveur, mais en même temps, on sait qu'il y a toute l'histoire de l'enregistrement de Chiasson et Bissonnette qui reste au-dessus de la tête des enquêteurs du 31. Si jamais Karl St-Denis est dans l'eau chaude à cause de ça, je ne pense pas qu'il va hésiter à se détacher complètement de cette gang-là pour sauver sa peau à lui! Ce sont des suppositions, là!

Donc ça se peut que j'aille à ne plus être gentil avec le monde du 31 dans cette job-là aussi! En plus, le jour où le mandat de Carl St-Denis le met dans le pétrin, eh bien, je n'ai pas l'impression qu'il va se mettre la tête sur le billot pour sauver Jacob non plus. Donc en jouant l'agent double, et en ayant parlé à de vrais agents doubles et tout ça, tu te retrouves tout seul dans ton équipe, c'est-à-dire que tu ne peux plus faire confiance à personne, tu sais que tu es utilisé d'un bord comme de l'autre, ça fait que ton seul objectif, c'est de sauver ta peau à toi! Jacob, je le vois comme quelqu'un qui a quand même une voix, il est là pour la justice et il a les principes très arrêtés. Mais en même temps, en acceptant ce mandat-là, il savait qu'il allait peut-être se faire tourner le dos par tout le monde à un moment donné. Ça va être le plus grand défi de Jacob d'essayer de sauver sa peau là-dedans. Je pense que c'est ça qui va teinter le reste de la présence d'Yves Jacob dans District 31! »

Page Facebook de District 31/Radio-Canada

En tant qu’acteur, on s’y prend comment pour jouer un personnage à double-face ? 

« C'est drôle, tu sais, moi j'essaie d'aborder les scènes où je suis avec le SEI sans me dire que je suis un agent double. Quand je lis les textes, je me dis 'OK, il faut que je fasse croire aux acteurs qui jouent Mélissa Corbeil et André Dallaire que je suis vraiment avec eux autres'! Il ne faut pas que je joue en me disant 'Ah, je vais donner des signes comme quoi je suis une taupe'! Comme un agent double qui se fait envoyer avec des marchands d'armes et tout ça, il ne peut pas avoir de faille! Il faut qu'ils croient qu'il est vraiment avec eux autres! 

J'essaie de diviser mon personnage en deux. Quand je suis avec le SEI, je suis 100% avec le SEI! Comme si j'y travaillais pour vrai avec eux! Et quand je suis avec le 31, je suis 100% avec eux! Et quand je suis avec Karl St-Denis, je suis cette espèce de petite bête traquée, qui va être dans son étude plus tard! J'ai beaucoup de plaisir à garder ce flou-là. Il m'arrive de me demander, quand Yves Jacob rentre à la maison, comment il se sent par rapport à tout ça! Ça doit être une pression énorme de garder ces deux facettes-là actives tout le temps. »

Page Facebook de District 31/Radio-Canada

Alors que toi, j’imagine que tu éprouves un malin plaisir à incarner Yves Jacob?

« C'est sûr que c'est trippant au bout! Les autres comédiens, et non les personnages, savent que je joue double jeu, et parfois ils me disent 'Man, ost* que tu nous fais suer aujourd'hui!' C'est l'fun! C'est vraiment trippant! Tu sais, à la longue, dans les affaires internes dans le 31, on sentait qu'on était un peu arrivés à un moment où l’on avait compris c'était quoi, et les conflits se faisaient plus rares. Mais là, la nouvelle twist qu'ils ont donné à mon personnage, c'est un rêve! J'adore ça! »

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À quoi ça ressemble quand tu reçois les textes? Es-tu stressé quand tu reçois les textes? Parce qu'on sait que l'auteur Luc Dionne peut donner une tournure inattendue à la suite de l'histoire... 

« Oui, vraiment! (rires) Quand on parle des personnages réguliers, qui savent qui sont là toutes les semaines, eux aussi ont des surprises, mais il y a une régularité. Entre personnages secondaires, on a un peu tous le même réflexe quand les textes arrivent le lundi ou le mardi, on scanne le texte pour voir si notre nom est dedans et on voit ce qui arrive! Quand Yves Jacob a annoncé qu'il prenait sa retraite, avant les Fêtes, le premier réflexe que j'ai eu ça a été de me dire 'Ah ouin... pour vrai? Ça se finit là? C'est ben poche!' Et c'est plus tard, après avoir parlé à Luc [Dionne], que j'ai compris c'était quoi son plan en arrière de ça!

Donc oui, il y a un stress, mais en même temps, la façon de travailler que j'ai développée à travers ça, et en parlant aux acteurs qui sont là depuis longtemps et régulièrement, il faut accepter que c'est un peu comme dans la vraie vie! Comme avant-hier, moi, Marc Fournier, je ne savais pas que j'allais te parler aujourd'hui. Donc là, je te parle et on improvise à travers ça! De la même façon, il faut accepter que ton personnage, tu ne sais pas ce qui s'en vient demain matin! Tu joues la scène que tu as à jouer avec l'information que tu as, et tu n'es pas en train de jouer la fin de la série! À un moment donné, quand tu te débarrasses de cette pression-là, tu te dis que ton personnage évolue et que l'auteur va le faire évoluer. Ça te libère un peu et ça te met moins de stress. Tu prends plaisir à jouer ce qui t'est donné et demain sera demain, c'est tout! » 

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Comment en es-tu venu à jouer dans District 31

« Ma première apparition dans District 31 était dans la première saison. J'avais deux épisodes de prévus! Il n'y avait pas d'autre garantie. Je connaissais déjà Sébastien Delorme, qui jouait Poupou, et Gildor Roy, que j'avais croisé dans le monde de la musique. Je suis arrivé dans une gang qui m'a fait de la place, qui m’a permis de me sentir à l'aise et on a eu du fun à jouer les scènes. Je pense que ça a dû transparaître d'une certaine façon et on m'a rappelé un mois plus tard pour me dire que mon personnage revenait! Ça s'est bâti comme ça, parfois j'étais deux mois sans avoir de nouvelles, je faisais d'autres projets et tout à coup hop! Il revient encore! Et là, on est cinq ans plus tard, et il y a une certaine régularité qui s'est installée. Et moi, j'y prends beaucoup de plaisir parce que c'est sûr qu'on acquiert de l'expérience à tourner sur cette série-là, on devient assez autonome pour savoir quoi faire. Parce que ça va vite! On n'est pas chouchoutés et on se débrouille avec nos méthodes, d'une certaine façon, avec tout le reste de l'équipe et c'est une expérience qui va énormément avoir changé ma capacité à travailler. »

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En terminant, comment ça se passe sur le plateau, entre les prises? Est-ce que les choses ont beaucoup changé en raison des mesures sanitaires mises en place pendant la pandémie?

« Même si ça va vite et qu'il y a un bon stress d'arriver à tourner tout ce que l'on a à tourner dans une journée, l'ambiance a toujours été ben ben l'fun! Il y a souvent des comiques... Des gars comme Michel Charette, ce sont des clowns sur un plateau! Quand la tension monte un peu, ils trouvent toujours la bonne blague à lancer et ça vire en fou rire! 

Par rapport à la COVID-19, le défi a été plus grand pour l'équipe de production que pour les comédiens. Les décors adaptés, les accessoires qui doivent être désinfectés, les caméramans qui ont dû inventer de nouvelles façons de filmer des prises sans qu'on ait l'air d'être à 3 kilomètres l'un de l'autre, les gens de la coiffure et du maquillage qui doivent toujours être en habit d'astronaute pour faire nos retouches... Je pense que le défi était surtout pour eux. Nous, quand on arrive sur le plateau, à part le fait d'avoir un masque et des lunettes de protection et d'être obligés de maintenir une plus grande distance qu'avant, moi, en tout cas, je ne sens pas de grand changement! On a le même plaisir à jouer! Il y a eu de petites adaptations à faire. Par exemple, vu qu'on est plus loin l'un de l'autre, on serait portés à projeter notre voix un peu plus parce que l'autre est à deux mètres. Et on réalise que ça va faire bizarre si on est en train de se crier l'un après l'autre et qu'on est supposés avoir juste une petite table entre nous deux! (rires) Il a fallu ajuster ça. Autrement, ça se passe bien! On est super méticuleux sur les directives parce qu'on sait que c'est un privilège qui nous a été donné de continuer à travailler alors qu'on sait qu'il y a de gens qui sont dans des situations plus précaires que nous qui ne peuvent pas continuer à faire leur métier. »

Retrouvez Marc Fournier dans la peau d'Yves Jacob dans District 31, du lundi au jeudi dès 19h à ICI Télé! 


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