Jean-Thomas Jobin : «Le jeu, je ne l’ai jamais totalement oublié»

*Les propos de Jean-Thomas ont été recueillis par la production de façon confidentielle et privée à l’intérieur de la maison, puis retranscrits tels qu’ils ont été dits.

 

Quand Camille a quitté, j’étais ravi d’être là parmi les derniers finalistes. J’étais confiant que François me choisisse, car c’était la meilleure décision pour lui. Si ça avait été Kim qui avait eu à trancher, ça aurait été plus compliqué. Mais le fait que François ait gagné le dernier véto, c’était le trajet idéal. Il m’a sauvé parce que devant le jury, il pourra défendre qu’il a été loyal jusqu’à la fin, c’est plus cohérent pour son jeu. N’empêche que j’aime beaucoup Camille, elle a vraiment bien rebondi suite au départ de Claude et Lysandre. Elle a eu une bonne attitude tout le long, elle s’est faufilée. Pour ma game, je voulais que ce soit moi qui reste, mais elle a vraiment bien joué et j’ai hâte de la revoir.

 

Je savais que je n’allais pas gagner l’épreuve physique. Je fais beaucoup de sport et j’ai un bon cardio mais je ne fais pas de musculation, ça m’ennuie. J’en ai fait un peu avant d’arriver ici, mais une blessure m’a empêché de continuer. Mais même si j’ai l’impression qu’une épreuve n’est pas ma tasse de thé, j’essaie toujours de la faire à fond, pour ne pas avoir de regrets.

 

Dans «Haltères et go», une fois sur la barre, je voulais rester accroché longtemps pour moi, et pour montrer que je me bats jusqu’à la fin. Je trouve ça important de me battre. Je savais que je n’allais pas rester là une demi-heure. Des fois des détails peuvent aider. Kim et François ont remarqué que j’ai donné le maximum. Ça peut toujours aider dans leur choix si jamais mon sort est entre leurs mains. Je pense que d’abandonner trop rapidement, ce n’est pas bon pour l’image que je donne à mes adversaires. Pour réduire les chances qu’eux négocient entre eux, humainement ils vont avoir plus de considération.

 

Quand ils étaient seulement les deux sur la barre, je prenais assurément pour François. Je sais que si François est en finale, je peux le convaincre de me choisir pour aller devant le jury. Si Kim gagne le challenge ultime, je n’ai aucune chance. Je sais que je vais être en bonne position pour négocier si c’est à François de choisir. Ça fait 2-3 semaines que je sais que François est ma meilleure option en finale.

 

J’avais besoin de gagner l’épreuve mentale cette semaine. Le mode de jeu individuel a commencé pour moi au moment de l’épreuve stratégique contre Kim. J’ai essayé de commencer à travailler le terrain en parlant à François tôt. Je ne voulais pas avoir l’air d’être désespéré en lui parlant juste après. Ça a crédibilisé ma négociation de la faire alors que je n’avais pas encore gagné.

 

Dans la saison, jamais je ne me suis dit que j’étais en meilleure posture que les autres pour quoi que ce soit. C’était la même chose pour la maison infernale. Même si la première fois Kim s’est rapidement découragée, je ne me suis jamais dit que j’avais un avantage sur elle. Y’a eu des épreuves mentales où elle était vraiment bonne. J’étais en mode « sois concentré et fais de ton mieux !»

 

Le fait que le titre de l’épreuve soit «L’enfer des chiffres», ça me rassurait, parce que j’ai toujours aimé les chiffres. J’espérais que ce ne soit pas une autre charade. J’aime bien les charades dans la vie, mais la première charade ici était trop atypique.

 

Pour l’épreuve, j’avais une stratégie; je préférais avoir une certitude sur deux chiffres et ensuite aller essayer des combinaisons. Je me disais que je prendrais peu de temps à faire ça. La station dans le walk-in, avec les noms qui défilaient à toute vitesse, ça me rendait complètement marteau. Des sons et des voix rapides en boucle, ça me met dans un tourbillon d’anxiété, ça m’angoisse. J’essayais de faire une cohérence entre les noms, mais rien ne fonctionnait. Je suis assurément allé plus loin que ce que l’énigme demandait. Mon cerveau fait toujours ça, il va beaucoup trop loin. Même dans la cuisine, avec le jeu des différences, le lien que j’ai fait ne faisait aucun sens. Je n’ai jamais allumé qu’il fallait que je compte le nombre de différences. Ma stratégie initiale était donc la bonne. Quand j’ai une certitude pour 2 des 4 chiffres, je n’ai pas perdu de temps et je me suis rendu au podium pour essayer des choses. Quand j’ai pris l’indice dans la salle de balado, j’étais sûr que le 19 serait dans la suite.

 

Par contre, je n’étais vraiment pas confiant de mon temps final. J’étais fâché après moi d’être tombé dans l’anxiété. Je ne savais pas combien de temps avait fait Kim. Je me suis dit que ça se jouerait sur les pénalités. Si j’avais eu le 19 rapidement, j’aurais été plus confiant, j’aurais pu avoir l’énigme en 8 minutes. J’étais soucieux.

 

Même si j’ai gagné l’épreuve, je ne pouvais pas célébrer ma victoire devant Kim. Humainement ça ne se fait pas. Kim est mon amie ici, on a toujours célébré nos victoires ensemble. On était contents ensemble. Mais là, je ne pouvais faire ça devant Kim. Ça n’aurait pas été bon non plus pour ma «game». J’éprouvais une satisfaction intérieure et de la solidarité pour Kim.

 

J’ai moins écouté de saisons de Big Brother que François, mais je sais que souvent l’épreuve ultime doit avoir une composante sociale sur les relations qu’on a eue avec les autres. Si c’est un quiz, François et moi on se pratique depuis plusieurs semaines. On est pas mal au même niveau, on s’entraide. Je pense que le fait qu’on s’entraide nous a beaucoup rapprochés dans notre niveau de confiance l’un envers l’autre. Moi en joke, je lui dis toujours qu’il n’y a qu’une seule chose que je ne lui dirai jamais : le nombre qui avait un glitch dans le compte à rebours du dévoilement de la piscine. Je me suis toujours dit que peut-être que c’était pour rien au final, mais si jamais, ça me fait rire de garder l’info pour moi.

 

Ma plus grande gaffe, ce n’en est pas vraiment une pour moi, mais ça a peut-être été perçu comme une gaffe par mon alliance : c’est quand Camille a été patronne. Ça s’enlignait sur Kim et moi en danger. Je suis allé faire une proposition à Camille en lui offrant une place dans notre top 4. J’ai dû la convaincre que j’allais la protéger. C’est donc Kim et Rich qui ont été en danger. Je pense que Camille avait confiance en moi. En faisant ça, j’ai réussi à sauver mon alliance avec Kim et François, mais ça l’a aussi un peu fragilisée. François et Kim ont senti que je voulais tenir ma parole envers Camille. Je ne comprenais pas pourquoi eux ne voulaient pas respecter ça. Je ne voyais pas la corrélation de leur insécurité entre Camille et les lingots. Je tenais à tenir ma promesse à Camille, c’est moi qui m’étais le plus mouillé. Je pense que quand on « surjoue », ça refroidit un jury potentiel. Ça aurait été malhabile de ma part du point de vue du jury de ne pas tenir cette promesse. Je ne pouvais pas me permettre un «move» salissant.

 

Un moment charnière pour moi, ça a été ma partie de Blokus contre Laurence à la semaine 1. Ça a beaucoup changé ma «game». Elle m’a shaké sans me shaker. Elle était tellement convaincante dans son argumentaire, que je me suis demandé si je savais vraiment où s’en allait tout le monde dans le jeu. Je suis tombé en mode contre-attaque et c’est moi qui ai le plus bâti l’alliance de départ. Je suis allé voir Kevin, je voulais absolument qu’il soit avec moi. Ensuite le trio de filles, Manu et François. Je voulais être sûr qu’on ait 7 votes contre Geneviève. Le vote a été unanime et à ce moment-là je me suis vraiment senti en contrôle de ma « game».

 

Anticiper comment un jury va voter c’est difficile parce qu’avant le vote, il y a un plaidoyer et des questions des jurés. Il faut pouvoir y répondre le mieux possible pour les satisfaire. Je dirais que la personne qui a le vote le plus intrigant, c’est Kevin. J’ai toujours eu un bon rapport avec lui, un rapport respectueux. Un moment donné, nos « games » ont pris des chemins différents et lui-même m’a avoué qu’il considérait m’éliminer. À partir de ce moment, on a eu des conversations très saines. Mais je pense qu’il apprécie beaucoup François, ce sont des «gym buddies». J’ai l’impression que Kevin pourrait voter pour moi parce que je n’ai jamais parlé contre lui.

 

Dans l’aventure, il y a des moments où j’ai oublié le jeu, assurément. 92 jours c’est un marathon, on ne peut pas jouer tout le temps. Je n’oublie jamais la perspective globale, mais on ne peut pas parler du jeu tout le temps. C’est important de se laisser aller, de vivre le moment social, s’amuser, rire, placoter, ne pas parler de la « game ». On solidifie nos liens sociaux avec les autres dans ces moments, ce qui nous aide quand même, mais ce n’est pas calculé. C’est toujours important de rester sympathique et non-envahissant. Le jeu, je ne l’ai jamais totalement oublié, j’ai toujours eu confiance que j’aurais de bons réflexes pour ne pas nuire à ma « game ».

 

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